Hervé Hede, est né le 27 novembre 1952 à Calais. Enfant unique, il écrivait chaque année à saint Nicolas pour demander des petits trains et lui rappeler qu’il avait été sage. Il écrira longtemps, jusqu’au jour où il cessa d’y croire. Fils de parents exigeants, il apprit très tôt qu’il n’y avait pas d’espace pour l’essai, pour l’erreur. Il éleva ses enfants avec la fermeté pour modèle, puis s’adoucira avec le temps. La vie le traversa violemment : séparations, amitiés perdues, nouveaux amours, nouvelles responsabilités. Il aimait intensément, parfois maladroitement. Excessif par nature, il raffolait de musique trop bruyante et des repas trop long. Il aimait pleurer devant les films. Johnny Hallyday, Creedence Clearwater Revival, Procol Harum, Édith Piaf ces chansons le traversaient. Quels souvenirs y étaient attachés, je ne les connaîtrai jamais.
Sa tristesse était pareille au silence qui s’impose après la fête. Elle ne le quittait jamais tout à fait. Elle habitait son regard. C’est au moment où il avait perdu tout espoir qu’un sursaut de vie le ramena complètement parmi nous. Il s’est rappelé que la vie lui était chère. Après s’être battu pour retrouver toute sa vitalité, son énergie, il réussira, un première fois. Il y laissera une partie de son visage dans la bataille. Gueule cassée mais décidé, il reprit le contrôle de sa vie. Une opération qui devait pallier ses dernières souffrances échoua ; il nous quitta brutalement.